Bâtiment «DYB-Dress Your Body SA» par l’Atelier oï, à Neuchâtel en Suisse.
De loin, le bâtiment paraît puissant et en même temps léger : un long bloc rectangulaire, dont la surface semble briller sous la lumière. Plus objet qu’architecture, planté au sommet d’un vignoble, il domine le lac de Neuchâtel. L’implantation de ce bâtiment s’organise parallèlement entre l’avenue Beauregard au sud et les voies des CFF au nord. C’est sur cette distinction fondamentale entre le côté sud et le côté nord (lac/montagne) que se fonde le concept de l’Atelier Oï, qui consiste à organiser le volume en strates longitudinales parallèles de différentes opacités : côté nord, le bâtiment se montre fermé. Une façade en aluminium l’isole de la ligne de chemin de fer, deux bandes vitrées continues marquent les étages et font pénétrer la lumière dans les ateliers. Côté sud, la nette subdivision en surfaces vitrées et murs a complètement disparu. La façade consiste en un filtre de béton, placé devant le bâtiment. A l’image d’une plaque de sertissage qui attend son diamant, elle devient vivante par les jeux changeants d’ombres et de lumières.
La façade méridionale, visible de très loin, est la face représentative de DYB Cormondrèche. Elle est constituée d’éléments en béton au motif répétitif, qui viennent sertir de petites boîtes miroitantes mettant en scène le cadre des vues de l’intérieur vers l’extérieur.
Les éléments de façade, spécialement conçus par l’Atelier Oï en béton à ultra-haute performance servent avant tout à filtrer – comme un moucharabieh – les rayons du soleil : l’épaisseur de paroi et la distance par rapport à la façade vitrée ont été étudiés de manière à ce qu’en été, lorsque le soleil est assez haut, la façade réfracte d’une part le rayonnement direct et protège d’autre part le bâtiment de la chaleur. Par contre, en hiver, les rayons plus bas du soleil entrent par les ouvertures de la façade et sont une source d’énergie additionnelle. De l’intérieur, à travers ces différents jeux de cadrages et de transparences, la façade met en valeur d’une manière exceptionnelle les vues sur le lac et les Alpes.
DYB Cormondrèche n’est pas seulement un bâtiment de prestige, mais également une manufacture de haute technologie. Là, dans le « Centre de compétence de Bijouterie, Gemmologie, Sertissage et Métiers d’Art » du Swatch Group, tous les bijoux de toutes les marques du groupe y sont conçus et produits. A l’intérieur de cette fabrique, l’Atelier Oï a utilisé ses méthodes de travail interdisciplinaires en architecture, design et scénographie et conçu un environnement qui, tout en organisant spatialement les zones de production, met également en scène leur présentation aux visiteurs. Partant du centre du bâtiment, qui constitue un axe de circulation ouvert sur les trois étages, se profile en effet un parcours muséographique.
À propos du trio : « L’atelier oï fondé en 1991 à la Neuveville en Suisse par Aurel Aebi (1966), Armand Louis (1966) et Patrick Reymond (1962), prend son nom «atelier oï» de tr(oï)ka (en russe, «trio») exprimant l’idée et le dynamisme d’un groupe.
Leur parcours à travers des études entre l’architecture, le design et la construction navale, des rencontres de personnalités uniques comme celle d’Alberto Sartoris et Ettorre Sottsass, ont sans aucun doute influencé leur travail qui ne veut pas se limiter aux frontières fermées d’une seule discipline. Ainsi leur travail, à l’échelle internationale, varie entre l’architecture, le design et la scénographie, disciplines le plus souvent entremêlées dans leurs réalisations. Leurs travaux ont été reconnus et récompensés par divers prix: 1994 lauréat Europan 3, 2001 Prix Européen du Musée de l’année, 2003 If Design Award, 2007 Die Besten revue Hochparterre (Suisse), 2007 Living at Home Award, 2008 Product of the Year, Architectural Record, USA). Ils sont invités régulièrement à différents jurys, workshops, et enseignent dans le département de design à l’Ecal (University of Art and Design Lausanne, CH).
La pluridisciplinarité, l’équipe (pas de one man show), le rapport direct à la matière – de part l’atelier de prototypage intégré à l’agence – sont probablement les éléments qui caractérisent la philosophie et la méthode de travail de l’atelier oï. Cette manière de faire se lit dans leurs réalisations qui, souvent, naissent d’un rapport intuitif et émotionnel dans le façonnage de la matière. Les différents projets varient dans les échelles et disciplines, se fondent les uns dans les autres dans une perpétuelle métamorphose. Ces méthodes et processus, étroitement liés à l’expérimentation dans les échelles et la matière, sont devenus pour l’atelier oï une véritable emprunte reconnaissable de leur travail. Pour parfaire ce processus, l’Atelier va prendre possession d’un nouveau lieu dans le courant de l’année 2009. Dans l’ancien Motel de la Neuveville, devenant le m(oï)tel, l’atelier oï réalise un outil unique, pour mettre en place de manière construite sa méthode et sa philosophie. C’est le lieu de travail, d’expérimentations, d’échanges culturels et d’événements dédiés à leurs réalisations.
Ils développent notamment pour Ikea, Wogg, Roethlisberger, Swatch, B&B Italia, Foscarini, Louis Vuitton et Bulgari. Invités dans différentes écoles de design en Suisse et à l’étranger, ils ont un poste de professeur dans le département de design à l’Ecal (University of Art and Design Lausanne, Switzerland). »
Merci Prof Z.
+ Via Atelier oï





















Superbe à la nuit tombée… Hors d’échelle, abstrait, monolithe étrange, une gueule de radio réveil à cristaux liquides, fuck the context… Particulier, sourd mais pas aveugle, léché aussi… J’aime…
jeux d’ombres et de lumières
Dans la nuit, les lumières, lointaines et rares, sont souvent les plus vibrantes, les plus touchantes
Combiens voudaient buller dans ces bulles……loin des cons-s’il y a bulles………Il n’y a pas des jours ou vous avez des impressions de déjà-Lu?
Ce petit jeu de bulles apporte un incroyable légèreté aux façades…..jugez-en plutôt sur les photos de chantier.
Franchement, il suffit quelquefois de quelques bulles pour que l’on se sente plus léger!
A la votre………….
réactive, la Flo!
Bien posé, bien aligné, pas trop haut, ce bâtiment ne donne pas trop dans la rupture? Au contraire, on dirait que cette seconde peau semble rattraper un alignement urbain qu’on entrevoit dans l’image perspective Qu’est ce qui fait dire à John Doe « fuck the context » Sans doute la liberté formelle de la façade, dense et vide, monolithique et perméable, tramée à fond et pleine de bulles, blanc moucharabieh si loin de l’austère et balourd bâtiment voisin.
Et là Janus, t’aurais dû dire que ça te faisait roter, toutes ces bulles, non?
Non. Ah, bon, alors on est d’accord.
@ Janus
j’ai comme un déjà-lu et un déjà-bu. on dirait que l’apéro se prolonge.
@ maupado
même les « déco-bloggueuses » sont réactives.
@ john doe
expliquez-nous ce « fuck » contextuel à la nuit tombée.
Merci pour Merci Prof Z.mais sue ce projet ,je coince ma bulle
… car j’avais dejà tiré vers la lune (Moon) de Matthias Demacker…en esperant n’avoir pas ajouté un trou
http://static.dezeen.com/uploads/2008/08/normann_moon_sq.jpg
@ Flo
Même pas j’avais picolé…..d’abord!
@Maupado
on a déjà du se rencontrer quelque part paske tu me connais trop bien……..alors je te dirai les bulles ça peut faire roter……puis pèter (Que Flo daigne nous excuser de ces conversations scabreuses)
@ Maupado et John Doe
S’il y a quelque chose à fucker c’est « l’intégration architecturale »……………